Chacal Girafe Marshall Rosenberg Ecole Sudbury 2017

La Communication non Violente, mais qu’est-ce que c’est ?

Colombe paix CNV communication non violente

Marshall Rosenberg (1934-2015) pose dans les années 60 les bases d’un processus de communication appelé « Communication Non Violente (CNV) », qui vise à créer entre les êtres humains des relations fondées sur l’empathie, la compassion, la coopération harmonieuse et le respect de soi et des autres.

Les objectifs principaux de la CNV sont de nous inciter à assumer la responsabilité de nos choix et à améliorer la qualité de nos relations avec les autres et avec nous-mêmes.

Cette forme de communication est pour nous fondamentale et sera au cœur de la communication que nous souhaitons avoir avec les enfants de notre école. En particulier, ce langage sera pour nous un outil puissant pour dénouer les conflits lors des Conseils de Médiation (CM).

La métaphore du chacal et de la girafe

Afin d’illustrer le fonctionnement de la CNV, Marshall Rosenberg utilise le chacal et la girafe comme animaux symboliques afin d’identifier et de transformer des façons de s’exprimer « chacal » en façon de s’exprimer « girafe ».

Tandis que le langage le chacal représente le langage fait de jugements, de critiques et de reproches, le langage girafe favorise l’écoute avec empathie et l’expression authentique de ses sentiments et besoins. C’est le langage du coeur.

Les 4 étapes du processus CNV

Lors d’une communication avec soi-même ou avec l’autre, la CNV propose de décomposer le processus en 4 phases  :

  1. Observation 
  2. Sentiments et émotions 
  3. Besoins 
  4. Demande 

Observation (O) : la première étape consiste à observer les faits de façon objective. Cette phase peut s’avérer compliquée car nous avons une tendance naturelle à déformer la réalité en généralisant (« souvent »,« toujours »,« jamais »), en jugeant ou en interprétant le comportement de l’autre.

La CNV recommande de s’exprimer sur une situation d’une part sans juger, ni interpréter le comportement de l’autre (ou soi-même), ni lui prêter des intentions ; et d’autre part en la replaçant dans un contexte précis, donc sans généraliser.

On préférera donc :

« ces deux dernières semaines, je ne t’ai pas vue prêter ton ballon à tes camarades  » à « tu n’es qu’un sale égoïste, tu ne prêtes jamais tes affaires ».

Bonhomme CNV Marshall Rosenberg Ecole Sudbury 2017
©gwalarn

 

Sentiments (S) : Lors de la deuxième étape de la CNV, on observe nos sentiments et nos émotions suscités dans cette situation, et on les exprime.

Nous croyons que le meilleur moyen d’être compris par les autres, c’est de leur faire part de nos émotions : « Je suis content quand tu… », « Je suis en colère parce que… », « Je suis triste de… ».

Dans la situation précédente, on pourrait dire :

« Je suis en colère parce que ces deux dernières semaines, je ne t’ai pas vue prêter ton ballon à tes camarades ».

Certains sentiments témoigneront de besoins satisfaits (content, épanoui, enjoué, à l’aise, calme, amoureux, intéressé, …) et certains autres de besoins non satisfaits (en colère, désespéré, fatigué, crispé, honteux, …). Ces sentiments sont, dans le cadre de la CNV, ni positifs ou négatifs ; ce sont des indicateurs qui nous aident à nous reconnecter à nos besoins.

 

 

Besoins (B) : En CNV, la troisième étape consiste donc à prendre conscience de nos besoins et à les exprimer.

Chaque situation suscitant des émotions vient satisfaire ou non certains de nos besoins. Parmi ces besoins, certains sont communs à tous les êtres humains et prendront une place plus ou moins importante selon les individus. Nous pouvons citer les besoins liés au bien-être et la survie (manger, boire se reproduire, etc.) , les besoins d’autonomie, les besoins de jeu, les besoins d’accomplissement  (apprentissage, expression, sens, etc.), les besoins d’interdépendance (acceptation, confiance, amour, etc.) ou encore les besoins de célébration.

Lors de la troisième étape, on essaiera donc de faire comprendre notre besoin à l’autre.

Dans notre cas, nous pourrions dire :

« Ces deux dernières semaines, je ne t’ai pas vue prêter ton ballon à tes camarades. Cette situation m’a mise en colère car le partage est quelque chose de très important pour moi et j’aimerais transmettre cette valeur ».

 

Demande (D) : Enfin, la quatrième et dernière étape de la Communication Non Violente consiste à formuler une demande concrète.

L’idée est de faire une demande respectant les critères suivants : réalisable, concrète, précise et formulée positivement. L’idéal, si cela est possible, est que l’action soit faisable dans l’instant présent. Le fait que la demande soit accompagnée d’une formulation des besoins la rend négociable.

Dans notre situation, on pourrait formuler la demande comme suit :

« Ces deux dernières semaines, je ne t’ai pas vue prêter ton ballon à tes camarades. Cette situation m’a mise en colère car le partage est quelque chose de très important pour moi et j’aimerais transmettre cette valeur. Serais-tu d’accord pour prêter pendant les deux prochaines heures ton ballon à tes camarades ? ».

 

Pour aller plus loin…

Une conférence de Marshall Rosenberg traduite en français

 

Des livres formidables pour s’imprégner de la démarche CNV et découvrir les nombreux domaines d’application du processus.

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 Des formations sont également disponibles  par des formateurs certifiés sur le site CNV formations.

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